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Rentabilité d’un camping : un camping est-il vraiment rentable ?

7 min de lecture
Rangée de mobil-homes à bardage clair le long d'une allée, dans un camping bordé de palmiers, sous un ciel bleuté

Oui, en moyenne, un camping est rentable : en 2023, les 5 016 entreprises du secteur recensées par l’Insee ont dégagé un excédent brut d’exploitation de 889 millions d’euros pour 4,26 milliards de chiffre d’affaires, soit environ 21 %, de notre calcul. La rentabilité d’un camping tient pourtant à quatre réglages que vous ne maîtrisez qu’en partie : le taux d’occupation, le prix moyen, les recettes annexes et des charges lourdes, investissement en tête.

Sommaire

Ce que disent les comptes du secteur

L’Insee publie chaque année les comptes agrégés des entreprises dont l’activité principale est le camping. Voici les millésimes 2022 et 2023.

Indicateur 2022 2023 Part du chiffre d’affaires en 2023
Chiffre d’affaires hors taxes 3 902 M€ 4 265 M€ 100 %
Valeur ajoutée 1 847 M€ 1 975 M€ 46 %
Frais de personnel 913 M€ 1 005 M€ 24 %
Excédent brut d’exploitation 866 M€ 889 M€ 21 %
Résultat courant avant impôts 520 M€ 431 M€ 10 %
Investissements corporels 975 M€ 971 M€ 23 %

Source : Insee, Ésane 2022 et 2023, sous-classe 55.30Z (terrains de camping et parcs pour caravanes ou véhicules de loisirs). Les parts sont de notre calcul.

Trois lectures. L’excédent brut du camping est confortable : dans la même source, celui des hôtels avoisine 14 % de leur chiffre d’affaires, de notre calcul. La croissance ne se change pas toute seule en résultat : en 2023, le chiffre d’affaires progresse de 9 % quand le résultat courant avant impôts recule de 520 à 431 millions d’euros. Enfin, ce sont des moyennes, qui mêlent le petit terrain familial et le groupe de plusieurs sites.

Le taux d’occupation, premier moteur de la rentabilité

Un emplacement vide un soir de juillet ne se rattrape jamais. D’avril à septembre 2025, l’Insee mesure un taux d’occupation de 43,5 % dans les campings de France métropolitaine, du simple au double selon le classement.

Classement Établissements Taux d’occupation
Non classés 1 604 29,7 %
1 étoile 255 27,1 %
2 étoiles 1 067 36,4 %
3 étoiles 2 226 39,3 %
4 étoiles 1 260 49,4 %
5 étoiles 267 57,9 %
Ensemble 6 678 43,5 %

Source : Insee, fréquentation des campings d’avril à septembre 2025.

Le classement va avec le remplissage. Les étoiles ne remplissent pas un terrain à elles seules, mais elles signalent les équipements et les services que les familles viennent chercher. Ce classement est volontaire, se demande sur le site d’Atout France et vaut cinq ans, rappelle la Direction générale des entreprises. Et même en 5 étoiles, plus de quatre emplacements sur dix restent vides en moyenne sur la saison : c’est la marge de progrès de tout le secteur.

Le prix moyen sous pression

Le taux d’occupation ne dit rien de ce que rapporte chaque nuitée. Or, dans son bilan de la saison 2025, la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (FNHPA) relève des arbitrages budgétaires plus marqués chez les vacanciers, avec un effet direct sur le panier moyen. Les emplacements nus, moins chers que les équipés, reviennent en force : 52,7 millions de nuitées de mai à août 2025, en hausse de 4,8 %, contre 72,2 millions et 2,1 % de hausse pour les emplacements équipés.

Ce retour soutient les volumes, note la fédération, mais pèse sur le chiffre d’affaires moyen par séjour, au point de tendre la rentabilité de certains établissements. Remplir ne suffit donc pas : voyez notre analyse pour augmenter le panier moyen d’un camping, poste par poste.

Des charges saisonnières, un investissement lourd

Un camping vend surtout l’été mais paie toute l’année. En 2023, selon l’Insee, le secteur emploie en moyenne 24 392 salariés sur l’année, mais 13 033 seulement au 31 décembre : un peu plus de la moitié. Chaque printemps recommencent donc le recrutement et la formation des saisonniers. Les frais de personnel pèsent 24 % du chiffre d’affaires.

Le second poids est l’investissement : 971 millions d’euros en 2023, davantage que l’excédent brut d’exploitation de l’année. Hébergements à renouveler, équipements à moderniser, mises aux normes : une bonne part de la marge repart dans le terrain. Le climat ajoute une ligne au budget. Selon la FNHPA, près de 2 000 campings sont en zone à risque (inondation, submersion, incendie, érosion du trait de côte) et concentrent la moitié de la fréquentation nationale.

Améliorer la rentabilité sans parier

Aucun levier ne fait de miracle seul. Quatre pistes découlent pourtant directement des chiffres qui précèdent.

  • Allonger la saison utile. Chaque semaine ouverte avec des clients répartit vos charges fixes sur davantage de nuitées.
  • Monter en gamme là où la demande suit. Regardez ce que proposent vos voisins mieux classés, et que vous n’avez pas encore.
  • Vendre davantage pendant le séjour. Une étude réalisée par Asterès pour la FNHPA estime qu’un campeur dépense en moyenne 52 euros par jour hors du camping. Une partie de cette dépense peut se faire chez vous.
  • Ajouter des recettes sans ajouter de planning. Un service qui tourne sans salarié dédié pèse moins sur votre marge.

Ce dernier levier peut aussi faire rêver vos clients. Imaginez un matin de juillet : une famille descend vers l’eau, scanne le QR code affiché sur la station, réserve et paie depuis un smartphone, puis récupère planches de stand up paddle, pagaies et gilets. Personne à l’accueil n’a quitté son poste. Au retour, tout reprend sa place dans le même casier, et la famille rentre avec le souvenir de sa journée.

C’est le principe de la station de paddle en libre-service pour camping de Wave-Up : 8 emplacements pour planches, une alimentation solaire, aucun raccordement électrique. La station s’achète, prix sur devis ; Wave-Up perçoit ensuite 20 % du chiffre d’affaires des locations, en échange de l’application de réservation et de paiement, de la gestion des locations, du service aux vacanciers et du SAV, l’entretien de la station restant à votre charge. Vous en êtes propriétaire et fixez vos tarifs. Six campings de l’Hérault en sont déjà équipés. Le simulateur affiche ses hypothèses et donne une estimation, pas une promesse.

Pour d’autres pistes concrètes, voyez nos sept idées pour rentabiliser un camping.

FAQ

Un camping est-il rentable ?

En moyenne, oui. En 2023, l’excédent brut d’exploitation du secteur représente environ 21 % de son chiffre d’affaires et le résultat courant avant impôts environ 10 %, de notre calcul sur les données de l’Insee. Ces moyennes cachent de grands écarts d’occupation, de prix et d’investissement.

Quel est le taux d’occupation moyen d’un camping ?

D’avril à septembre 2025, il atteint 43,5 % en France métropolitaine selon l’Insee : 27,1 % en 1 étoile, 57,9 % en 5 étoiles. Les emplacements équipés se remplissent mieux que les nus, avec 51,6 % contre 37,3 %.

Combien gagne un propriétaire de camping ?

Nous n’avons trouvé aucune statistique publique propre aux propriétaires de camping : leur rémunération dépend du statut, de la dette, d’un éventuel loyer et de ce qui est réinvesti. Le seul repère honnête reste votre propre excédent brut d’exploitation, une fois déduits les remboursements d’emprunt et le renouvellement des hébergements.

Comment calculer la rentabilité d’un camping ?

Partez de l’excédent brut d’exploitation : le chiffre d’affaires, moins les achats et charges externes, les frais de personnel et les impôts d’exploitation. Rapportez-le au chiffre d’affaires et comparez-le aux 21 % du secteur en 2023. Suivez aussi votre chiffre d’affaires par emplacement.

Acheter un camping, est-ce rentable ?

Tout dépend du prix payé au regard de l’excédent brut que le terrain dégage réellement. Avant de signer, demandez les comptes de plusieurs exercices, l’état des hébergements à renouveler, la date du classement et l’exposition du site aux risques naturels : près de 2 000 campings sont en zone à risque selon la FNHPA.

Un métier rentable, pas un pari

Rapporté au chiffre d’affaires, l’excédent brut du camping dépasse en moyenne celui de l’hôtellerie. Mais le prix de chaque nuitée, ce que vos clients dépensent pendant le séjour et le poids de votre équipe font la différence entre un bon été et une bonne année. Si une activité nautique qui tourne sans salarié dédié a sa place dans votre plan, demandez un devis : il est gratuit, et la réponse arrive sous 24 heures ouvrées.

Sources

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Max

L’équipe Wave-Up : lockers solaires et sports nautiques en libre-service.

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